Puis-je faire travailler mes salariés le 1er mai ?

Le 1er mai occupe une place particulière en droit du travail français : il s’agit du seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, sauf exceptions très encadrées. Cette règle, issue du Code du travail, vise à garantir une journée de repos collectif, ce qui explique la vigilance particulière des services de contrôle.

Un principe strict : un jour normalement non travaillé

En principe, les salariés ne peuvent pas travailler le 1er mai. Seuls les établissements dont l’activité ne peut absolument pas être interrompue sont autorisés à fonctionner ce jour-là. Cela concerne notamment certains secteurs indispensables comme les hôpitaux, les transports, les hôtels, ou encore les activités de sécurité et les industries fonctionnant en continu.

En revanche, de nombreuses activités, dont celles considérées comme pouvant être suspendues temporairement, ne sont pas censées employer de salariés ce jour-là. C’est sur cette base que plusieurs contrôles ont été réalisés en 2024, aboutissant à des sanctions, notamment dans le secteur des boulangeries artisanales.

Une situation contestée pour certains commerces

Les boulangeries, bien qu’essentielles dans la vie quotidienne, ne sont pas juridiquement considérées comme des activités impossibles à interrompre. Cela a conduit à une application stricte de la règle, avec des amendes infligées à certains établissements ayant fait travailler leurs salariés le 1er mai.

Cette position a suscité de nombreuses réactions, notamment de la part des professionnels concernés, qui estiment que leur activité répond à une demande réelle ce jour-là.

Une évolution législative en préparation

Face à ces difficultés, le Gouvernement a annoncé un projet de loi visant à assouplir les règles à compter de 2027. L’objectif est de permettre à certains secteurs, notamment les boulangers-pâtissiers artisanaux et les fleuristes, d’ouvrir légalement le 1er mai.

Cet assouplissement serait toutefois encadré par plusieurs garanties importantes : seuls les salariés volontaires pourraient travailler, avec un accord écrit préalable, et ils devraient bénéficier d’une rémunération au moins doublée pour les heures effectuées ce jour-là.

Qu’en est-il pour le 1er mai 2026 ?

À ce jour, la loi n’a pas encore été modifiée. En théorie, les règles actuelles continuent donc de s’appliquer, ce qui signifie que faire travailler des salariés le 1er mai reste juridiquement interdit en dehors des cas d’exception prévus.

Cependant, les pouvoirs publics ont indiqué que des consignes de tolérance seraient données aux services de contrôle pour le 1er mai 2026. L’objectif est d’éviter de pénaliser les professionnels concernés dans l’attente de l’évolution législative.

Une zone de tolérance, mais pas sans précautions

Dans ce contexte, il est possible d’envisager une ouverture le 1er mai 2026 avec des salariés, mais cela reste juridiquement une situation intermédiaire. Il est donc fortement recommandé de respecter dès maintenant les conditions prévues par la future réforme : recourir uniquement à des salariés volontaires, formaliser leur accord par écrit et prévoir une rémunération majorée.

En résumé, le cadre légal demeure strict, mais une certaine souplesse semble admise à titre transitoire. La prudence reste néanmoins de mise afin de limiter tout risque en cas de contrôle.

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